Pharmacopée, complèments alimentaires et monopole du pharmacien

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Les produits concernés sont les compléments alimentaires à base de plantes, consommés pour leurs propriétés nutritionnelles et/ou physiologiques.

 


Au sein des compléments alimentaires, plusieurs familles de plantes sont mises en avant.

Minceur
Les stars de la minceur sont les plantes drainantes : fenouil, reine des prés, piloselle…

Tonus et vitalité
Ginseng, guarana, gingembre……. autant de plantes qui regorgent de vitamines et de substances tonifiantes.

La zen attitude
Passiflore, valériane, aubépine, tilleul, verveine…
A ne pas confondre avec certains médicaments qui les emploient à des doses thérapeutiques.
Etc…..

La différence entre « plantes médicinales » et « médicaments à base de plantes » ? Les premières sont des drogues végétales dont au moins une partie possède des propriétés médicamenteuses. La plante est rarement utilisée entière. Les médicaments à base de plantes sont des médicaments dont les substances actives sont exclusivement d’origine végétale. Ils sont, comme les médicaments issus de la chimie, soumis à autorisation de mise sur le marché (AMM)

Aujourd’hui, alors que la thérapeutique moderne se développe, les Marocains expriment un certain scepticisme à l’égard de la chimie de synthèse. Et, par voie de conséquence, la phytothérapie et l’aroma-thérapie sont redevenues omniprésentes.

Le public estime bien souvent que ce qui est naturel est une assurance contre tout danger. C’est évidemment faux ! Les plantes médicinales contiennent des substances actives potentiellement dangereuses si elles sont utilisées à mauvais escient et/ou en l’absence de maîtrise de la qualité.

Comment le monopole exclusif des compléments alimentaires a échappé au Pharmaciens d’officine en France.

une grande partie des drogues végétales inscrites dans les huit premières éditions de la pharmacopée française, de 1818 à 1972, n’avaient pas été reprises dans la 9ème édition, créant ainsi une brèche dans le monopole du pharmacien.

En effet, la vente des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée relevaient du monopole du pharmacien.
Aussi, dans la 9ème édition de la Pharmacopée française, a été introduite la liste des plantes médicinales, sous le nom de TABLE ALPHABETIQUE DES DROGUES VÉGÉTALES, dans le but de préserver la santé publique en ne permettant pas la vente de plantes toxiques ou non contrôlées et pour conserver aux plantes médicinales leur statut de « substances pour usage pharmaceutique ».
Cette liste initiale reprenait l’ensemble des drogues végétales mentionnées depuis le premier Codex Medicamentarius Gallicus, paru en 1818.

Au fil du temps, une première révision a été nécessaire. Celle-ci a eu lieu en 1997, sous l’appellation de LISTE DES PLANTES MEDICINALES. En particulier, la liste initiale a été scindée en deux parties : la liste A concernant les « plantes médicinales utilisées traditionnellement en allopathie et, pour certaines d’entre elles, en homéopathie », et la liste B des « plantes médicinales dont l’évaluation du rapport bénéfice/risque (effets indésirables potentiels supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu) est négatif pour une utilisation traditionnelle en préparation magistrale ».
Cependant, quinze années plus tard, il s’est avéré indispensable de remettre à jour ce document. Les raisons en étaient :
* du point de vue thérapeutique, l’évolution de l’indication de certaines drogues végétales.
* l’introduction de nouvelles espèces et le caractère désuet de quelques unes.
* du point de vue législatif, avec l’apparition sur le marché de compléments alimentaires, la nécessité de justifier de l’utilisation des plantes comme substance à action thérapeutique présentant une activité médicinale.

distinction entre les drogues d’un usage médical exclusif de celles pouvant avoir un autre usage, notamment alimentaire, cosmétique ou comme complément alimentaire.

Un certain nombre de drogues végétales, bien que possédant des vertus médicinales, est utilisé quotidiennement dans des produits cosmétiques, alimentaires ou en tant que condiments. Il était donc nécessaire de les distinguer et de les identifier afin de ne pas les restreindre dans un circuit de distribution sous monopole pharmaceutique exclusif.

Le travail du groupe a ainsi permis d’identifier 148 plantes médicinales pouvant être vendues par des personnes autres que des pharmaciens (Décret 2008-841 du 22 août 2008).
* suppression de 96 drogues végétales : soit leur usage médicinal était reconnu comme désuet ; soit elles ne possédaient que des usages cosmétiques ou alimentaires, soit elles entraient dans la fabrication de médicaments dans un but autre que thérapeutique (excipient, colorant, aromatisant…)

LA LISTE DES PLANTES MEDICINALES, révisée en 2005 dans la 10ème édition de Pharmacopée Française, comporte deux parties désignées sous les sous titres de LISTE A : Plantes médicinales utilisées traditionnellement et LISTE B : Plantes médicinales utilisées traditionnellement en l’état ou sous forme de préparation dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu.

La liste 2012 des plantes médicinales de la Pharmacopée française comprend, 365 plantes médicinales publiées dans la liste A (au lieu des 332 de la liste A révisée en 2005) et dans la liste B, 123 plantes médicinales au lieu des 112 de la liste B révisée en 2005.

Conclusion

Monopole exclusif des compléments alimentaires ou pas, tout dépendra de l’etablissement de la liste des plantes médicinales dans la ou les pharmacopées bientôt en vigueur au Maroc.