Le rire selon « nous autres » pharmaciens

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A notre époque de mécontentement avéré et de malaise généralisé, où l’on essaie de faire croire justement à nous pharmaciens que nous n’avons que peu de choses voire rien pour rire, il semble bon de consacrer quelques réflexions à ce comportement si bienfaisant et bon pour notre santé.

Occupons nous de nôtres santé pour bien nous occuper de la santé des autres. »B.C »

chercher à comprendre l’origine du rire revient à s’intéresser aux fondements mêmes de la nature humaine…

Dans le cerveau, on rit comme on respire

C’est au cœur du cerveau que se cache la réponse. La partie qui contrôle le rire se trouve dans le sous-cortical, les régions du cerveau situées anatomiquement en dessous de la couche de cortex cérébral. Or ces parties du cerveau, responsables des comportements primaires de l’être humain comme la respiration ou le contrôle des réflexes basiques, sont très anciennes en ce qui concerne le développement de l’évolution. Cela signifie en fait que les mécanismes qui contrôlent le rire se situent loin des régions du cerveau qui se sont développées plus tard et qui gèrent les fonctions « supérieures », comme la mémoire ou le langage. Et voilà donc pourquoi il est parfois impossible de retenir un rire lorsqu’on le devrait. Dès le moment où le rire est profondément implanté dans notre cerveau, les régions qui s’occupent des fonctions « supérieures » ont dû mal à intervenir. L’inverse est vrai : le rire sur demande sonne toujours faux !

Une récompense que le cerveau se donnerait lui-même !

Le rire « d’incongruité », part du principe que l’homme cherche à tout prix à donner un sens logique à la vie. Lorsqu’une situation échappe à cette logique, notre cerveau se voit « court-circuité » et réagit par le rire. Ce qui arrive par exemple lorsque vous cherchez vos lunettes, et qu’elles se trouvent en réalité sur votre tête.
le cerveau humain donne un sens à la vie quotidienne grâce à un nombre infini d’hypothèses basées sur des informations incomplètes, ce qui permet à l’homme de mieux comprendre l’autre, de rationnaliser ses décisions.

Le sens de l’humour, et le rire seraient donc une sorte de leurre qui permettrait au cerveau de rester en éveil sur les différences entre les hypothèses qu’il créé lui-même et la réalité.

Le rire, un ciment social universel

L’homme rit douze fois plus en compagnie d’autres personnes ce qui nous permet d’en déduire que le rire a un rôle social.

Une surprenante épidémie s’est déclenchée en 1962 dans un collège religieux de Tanzanie. Des fous rires se déclenchèrent plusieurs jours de suite, ils duraient parfois deux semaines. Ce collège a dû fermer, les élèves contaminèrent leurs familles puis les villages aux alentours. En 2 ans et demi, 14 écoles furent atteintes. Il aura fallu mettre toute la population en quarantaine pour stopper l’épidémie. Sans la présence d’élément toxique, on en conclut que la cause devrait être psychologique, déclenchée par un mécanisme de synchronisme social

Se gausser en chœur seraient donc une façon de tisser un lien fondamental avec ses semblables.

Les blagues dans tout ça !

Les blagues ont pour but de faire rire, elles sont classées en deux catégories : les blagues cognitives dont il est nécessaire de réfléchir et de raisonner, elles stimulent la région du cerveau qui s’occupe du décryptage du langage. Autre genre de blagues sont celles qui sont phonétiques c’est-à-dire qui sont rattachées aux sons, aux jeux de mots et aux calembours (jeu de mots basé sur la similitude homophonique entre des mots ou des locutions), elles stimulent la région du cerveau qui analyse les sons. Chaque type de blague remue une zone bien distinct du cerveau. En conclusion, les différents catégories de blagues sont traitées différemment par le cerveau.

L’Humour

«Analyser l’humour c’est comme disséquer une grenouille: cela intéresse très peu de monde et la grenouille en meurt.» (E. B. White)
L’humour est la capacité mentale de découvrir des incongruités absurdes, de les exprimer et de les apprécier. C’est (en tant que «humide») un juste milieu entre l’émotion désinhibée détrempée et la sécheresse poussiéreuse de trop d’intelligence (anxieuse).

Les 3 principales théories sur les stimuli psychiques du rire.

-La théorie de l’incongruité : Le rire est déclenché par un ensemble de pensées et d’émotions incompatibles de façon simultanées, dont la cause est souvent la plaisanterie.

-La théorie de la supériorité : Le rire est déclenché par l’erreur, la stupidité ou la malchance d’autrui.

-Le théorie du soulagement : Celle-ci permet de libérer un trop-plein d’énergie nerveuse, elle évite à l’individu une fatigue psychique et physique.

Le rire n’est pas le propre de l’homme

les gorilles et les bonobos expriment des rires d’une durée de trois à quatre fois supérieure à un cycle respiratoire moyen. Autrement dit, ces animaux arrivent parfaitement à contrôler leur respiration en riant contrairement à l’homme.

Structure tonale du rire

Il y a typiquement une série de tons quasi vocaux (syl- labes) d’env. 75 msec, répétés à intervalles réguliers d’env. 210 msec, ce qui donne un rythme caractéris- tique dans le domaine thêta (5–7 Hz). Ce sont toujours des associations vocales semblables: par ex. «ha-ha- ha», «hi-hi-hi» ou «ho-ho-ho», mais une inhibition interne par contre «ha-ho-ha-ho» ou «ha-hi-ha-hi» existe, qui a un effet «voulu» et ne force pas à rire.

Et Les chatouilles…..

Expérimentalement, le chatouillement par un robot peut déclencher le rire aussi bien qu’une personne bien réelle si les sujets manient eux-mêmes la commande du robot chatouilleur, mais un mécanisme de retardement met un délai entre déclenchement et sensation . Si nous nous chatouillons nous-même le cervelet transmet à l’écorce cérébrale des informations exactes sur le but de la chatouille et la sensation prévue, ce qui diminue la sensibilité à la chatouille.

Une étude démontre que 90% des filles seraient sensibles aux chatouillements à la plante des pieds pour seulement 20% des garçons.

Et si le rire disparaît……

Beaucoup commencent à se lasser de ce type d’humour, ce sont les « lol » et autres « mdr » (pour « mort de rire ») qui prennent le pas. A tel point que le mot « lol » (acronyme de l’expression « laughing out loud », qui signifie rire à voix haute) est entré dans le dictionnaire de la langue anglaise l’année dernière. Et si demain, l’expression remplaçait vraiment le rire ? Oh tristesse, et fin du rire !