Un puissant antibiotique caché dans notre nez

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À partir des bactéries qui vivent dans notre nez, des chercheurs ont développer un nouvel antibiotique, la « lugdunine » . Ils ont identifié des souches bactériennes de Staphylocoque  Lugdunensis, qui cotoient des Staphylocoques aureus et sont capables de l’éliminer, en produisant des enzymes antibactériennes.Des travaux présentés dans la revue Nature, qui en décryptant les mécanismes génétiques qui découlent de cette guerre bactérienne, aboutissent à un nouveau concept d’antibiotique.

Les chercheurs de l’Université de Tübingen (Allemagne) montrent que la Lugdunine est capable d’éradiquer les bactéries staphylocoques aureus, dont certaines souches sont aujourd’hui préoccupantes, car antibiorésistantes. Ces types de souches sont résistantes en particulier à la méthicilline et peuvent être difficiles à traiter. Ils peuvent également constituer une menace importante pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

En prélevant des échantillons de mucus dans le nez de 187 patients hospitalisés, les chercheurs se sont aperçus que ceux dont le nez abritait la fameuse bactérie Staphylocuccus lugdunensis avaient six fois moins de risque d’héberger un staphylocoque doré, précise Science Presse.

« Cette étude nous a menés à des résultats vraiment inattendus et enthousiasmants, qui pourraient être très utiles afin de définir de nouveaux concepts dans le développement des antibiotiques. Car, si en temps normal, les antibiotiques ne sont formés que par des bactéries et des champignons du sol, l’idée que la microflore humaine puisse aussi être une source d’agents antimicrobiens est une nouvelle découverte », s’est réjoui Andreas Peschel, l’un des auteurs de l’étude contacté par Reuters.

On apprend au passage que le nez contient 50 espèces bactériennes différentes. Andreas Peschel, explique d’ailleurs que « c’est la raison pour laquelle nous avons observé cette zone du corps. Cela nous a mené à des résultats vraiment inattendus et enthousiasmants, qui pourraient être très utiles afin de définir de nouveaux concepts dans le développement des antibiotiques

L’écosystème  humain se révèle, en effet, être un espoir pour la médecine du futur et la lutte contre l’antibiorésistance qui pourrait faire jusqu’à 10 millions de morts par an. « Le corps humains peut donc être le bon endroit pour chercher des nouveaux antibiotiques », a précisé Andreas Peschel. Et de conclure : « La lugdunine n’est qu’un exemple de ces bactéries présentes dans l’organisme. Nous sommes sûrs qu’il y en a d’autres à découvrir. »