Être très propre est mauvais pour la santé

Trop propre mauvais pour la sante
Un commentaire sur Être très propre est mauvais pour la santé

Sans une exposition suffisante aux germes , le système immunitaire n’apprend pas à se défendre contre les organismes infectieux .Les mécanismes de défense vont mal et peuvent réellement contribuer au développement de maladies auto-immunes ,des allergies et de l’asthme.

Au fil des siècles, la propreté est devenue un automatisme important dans notre société et la multitude de produits commercialisés, qu’ils soient ménagers ou pour le corps, nous incite à repousser les limites de l’hygiène. Car  » si briller c’est bien, désinfecter c’est mieux  » tel est le slogan de notre société dite « moderne ».
Nous avons peut-être engendré une génération, trop propre pour son propre bien être.

Au 19ème siècle, le médecin allemand Robert Koch qui découvrit la bactérie responsable de la tuberculose, la « bacille de Koch », révéla que les bactéries étaient responsables de nombreuses maladies spécifiques. Dès lors, se laver quotidiennement devient dans l’inconscient collectif, un geste vital pour se préserver des maux.

Aujourd’hui, plus de 100 ans après la démocratisation du gant de toilette, les spécialistes affirment au contraire qu’être trop propre réduirait les défenses immunitaires et augmenterait les risques de développer des allergies, ou de faire de l’asthme.
Les microbes sont-ils donc aussi mauvais pour notre santé que nous le pensons ?

Comme le détaille la BBC, si certaines bactéries sont en effet responsables de maladies graves, voire mortelles, d’autres sont en revanche utiles pour apporter des vitamines à l’intestin, protéger la peau, favoriser la digestion……
En somme, s’il est mauvais dans certains cas, le microbe est également bénéfique à la survie de l’espèce humaine.

Alors comment trouver le bon équilibre ?

les comportements anti-germes peuvent effectivement augmenter l’incidence des maladies chroniques. En d’autres termes, nos tendances germaphobic aujourd’hui sont à revoir.

En 2016 une etude menée par Bill Hesselmar de l’Université de Göteborg en Suède a constaté que les enfants dont les familles lavent leurs plats à la main étaient significativement moins susceptibles de souffrir d’eczéma que les enfants dont les familles utilisé un lave-vaisselle. Ces résultats suggèrent que ceux qui lavent leur vaisselle à la main sont probablement exposés à d’autres agents pathogènes, qui les protègent en fait du développement de l’eczéma. Cette étude représente les données les plus récentes à l’appui de l’hypothèse de l’hygiène.
Qu’est-ce que donc l’hypothèse hygiéniste

Tout commence à la naissance.  En 1989, l’épidémiologiste britannique David Strachan, alors chercheur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, est le premier à faire le lien entre l’exposition aux bactéries pendant la petite enfance et l’allergie. Il suppose que le mode de vie du monde occidental limite fortement le contact entre les enfants et les microbes, empêchant de ce fait, leur système immunitaire de se développer correctement. Selon lui, les défenses de l’organisme auraient tendance à considérer certains éléments inoffensifs tels que le pollen ou la poussière comme une attaque majeure, créant l’état d’allergie. On parle alors d’hypothèse hygiéniste.
En résumé, l’augmentation de la prévalence des allergies dans notre société serait liée à un environnement décidément trop propre (ex : l’assainissement des eaux, la surconsommation des antibiotiques ou encore, la stérilisation de composés)

L’hygiène sanitaire reste une priorité 

Bébé peintre

Comme l’expliquait le docteur Stéphane Gayet, spécialiste en hépato-gastroentérologie, infectiologie et en hygiène hospitalière au CHU de Strasbourg, « l’enfant a besoin de faire ses expériences immunitaires en rencontrant divers antigènes microbiens. C’est indispensable à la construction de son système immunitaire« . Pour autant, nuance-t-il, certaines erreurs sont à éviter au moins pour la première année de vie. « Quand une maman goûte la bouillie réchauffée en mettant la cuillère dans sa bouche, avant de l’introduire dans la bouche de l’enfant, c’est un geste dangereux. Car si elle a le virus de l’herpès ou des champignons de type Candida albicans, pour ne citer que ces deux exemples, elle va les transmettre à l’enfant qui risque de développer une primo-infection sévère ». De la même façon, Stéphane Gayet déconseille le contact avec les animaux durant les premiers mois de vie d’un enfant.

Le secret d’une bonne hygiène passe par l’élimination des agents pathogènes, 

bonne_mauvais_bacteries

En 2003, Graham Rook, épidémiologiste et successeur de David Strachan, publiait dans l’International Scientific Forum on Home Hygiene, une théorie selon laquelle, il vaut mieux se fier à nos vieux amis, à savoir les bactéries qui coévoluent avec l’homme depuis plusieurs millénaires.  Selon lui, au lieu de considérer que les microbes sont bons ou mauvais pour la santé, il est préférable de faire le tri. Ainsi, le scientifique suppose que nos vieux amis sont les seuls parasites desquels il est inutile de se protéger à tout prix.

A l’inverse,  les virus tels le rhume, la grippe ou autres agents pathogènes n’apportent aucun bénéfice sanitaire au corps humain. En outre, différencier les vieux amis du corps humain et les microbes qui lui sont bénéfiques, des agents pathogènes menaçant pour la santé, s’avère être la meilleure solution.

Mais comment faire ?

La propreté plutôt que la désinfection

Femme de ménage

Selon Stéphane Gayet, la propreté se distingue de la désinfection. « La propreté de notre corps et des objets ainsi que des surfaces, d’une façon très générale, est bénéfique et sans danger […] Une désinfection peut vite devenir excessive et préjudiciable dans une habitation et c’est encore plus vrai sur notre corps.
Désinfecter « ne nous protège pas des infections, contrairement à une idée reçue « , insiste le docteur Gayet. « Quant à la désinfection de notre corps, à part celles des mains dans certaines circonstances précises, elle est la plupart du temps bien plus néfaste que bénéfique et produit l’inverse de notre protection vis-à-vis des infections ».

Le Diabète de type 1, par exemple, est une maladie auto-immune affectant le pancréas. Alors que les facteurs génétiques peuvent prédisposer une personne à développer un diabète, les facteurs environnementaux, eux, jouent un rôle important dans l’apparition de cette maladie. Les résultats publiés dans le « Journal of Clinical Immunology and Experimental » soutiennent l’hypothèse de l’hygiène, l’expérience démontre que des souris maintenues dans des conditions sans germes développent un diabète de type 1 à un rythme beaucoup plus rapide que les souris qu’on a gardé dans des conditions classiques.

L’ humain typique héberge probablement 90 milliards de microbes … Le fait même que vous avez tant de microbes de tant de types différents est ce qui vous permet de rester en bonne santé la plupart du temps . Il faut donc dénoncer l’obsession de la société actuelle avec des produits antibactériens et suggèrer que le savon ordinaire et de l’eau sont tout ce qui est nécessaire pour le lavage .

Avec cette connaissance , il est clairement temps de réévaluer notre point de vue sur les germes . Plutôt que de laisser la phobie gouverner ce que nous achetons et comment nous nous lavons , nous devons venir à accepter les germes comme une réalité de l’existence humaine , une exigence, en fait, pour une vie saine . 

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