Les anticorps monoclonaux : Medicaments du futur proche 

Un commentaire sur Les anticorps monoclonaux : Medicaments du futur proche 

UN ANTICORPS

C’est une protéine fabriquée par l’organisme pour combattre une infection. Un anticorps est une molécule qui reconnaît spécifiquement une autre molécule, l’antigène. Normalement, le système immunitaire produit des anticorps dirigés contre les bactéries et les virus.
Les anticorps, ou immunoglobulines ont comme fonction d’attaquer, en s’attachant à elles, certaines substances chimiques, les antigènes reconnues comme n’appartenant pas aux tissus normaux de l’individu.
Les anticorps sont importants pour la lutte contre les infections et les cancers.

LES ANTICORPS MONOCLONAUX

Un anticorps monoclonal est un anticorps qui a été fabriqué par une seule et même cellule, clonée en plusieurs milliers de cellules identiques. A la différence des anticorps jusque-là produits qui étaient des mélanges d’anticorps proches mais différents.

La spécificité des anticorps en fait leur intérêt thérapeutique. La plupart des médicaments « traditionnels » sont actifs aussi grâce à cette particularité : ils vont agir sur une cible et provoquer une réaction. Encore faut-il trouver la molécule qui va se fixer sur la cible voulue et agir dans le sens souhaité. Lorsqu’on connaît la molécule sur laquelle on veut agir, il est relativement simple de créer des anticorps qui vont se fixer sur celle-ci.

Il suffit de l’injecter à une souris qui va s’immuniser et produire des anticorps. Après purification des cellules qui produisent l’anticorps voulu, on les traite pour les transformer en cellules cancéreuses qui vont se diviser à l’infini ou presque. On obtient donc énormément de cellules identiques capables de produire le même anticorps en grande quantité. C’est une seule et même cellule qui a été cloné au départ d’où l’appellation d’anticorps monoclonal.

Les prérequis pour qu’un traitement par un anticorps monoclonal soit efficace, sont que :
-L’antigène soit exprimé sur toutes les cellules tumorales mais qu’il ne soit pas exprimé sur des cellules non tumorales critiques,
-L’expression de l’antigène, lors de la maladie, est, quantitativement, importante : il doit être surexprimé
-L’antigène ne soit pas muté et il ne soit pas un antigène variant
-L’antigène soit nécessaire à la survie de la cellule tumorale ou pour une fonction biologique essentielle de cette cellule,
-Les antigènes ne soient pas secrétés et ne soient pas relargués

Types anticorps monoclonaux
La technique dite des hybridomes, développée par Kohler et Milstein en 1975, a permis de créer des anticorps (Ac) monoclonaux de souris contre une très grande variété d’antigènes. Cette technique révolutionnaire a fait naître de grands espoirs quant à l’utilisation de ces Ac monoclonaux murins en immunothérapie. Ces espoirs furent, hélas, rapidement remplacés par un scepticisme au début des années 80, dû principalement aux importantes réactions indésirables résultant de l’administration de ce type d’Ac murins chez les patients.

Un tournant s’est produit dans les années 1980, lorsque l’apparition des techniques d’ingénierie moléculaire a permis la production d’Ac thérapeutiques chimériques, puis humanisés, et enfin totalement humains par clonage des séquences hypervariables d’Ac murins dans des vecteurs d’expression contenant des domaines constants humains.

Tous les Ac monoclonaux utilisés en thérapeutique ont une dénomination commune internationale (DCI) se terminant par le suffixe «mab» pour «monoclonal antibody». Au vu de l’évolution spectaculaire des deux dernières décennies, il s’est avéré indispensable de créer une nomenclature avec l’adoption, dans les DCI, de suffixes spécifiques permettant de reconnaître immédiatement l’origine/source de l’Ac monoclonal.

Suffixe anticorps monoclonaux Préfixe  anticorps monoclonaux
Le but de cet article est de rappeler brièvement les caractéristiques principales de ces différents types d’Ac et de familiariser le pharmacien vis-à-vis de cette nomenclature internationale.

Liste des Medicaments anticorps monoclonaux

Les voies d’administration

-La voie intraveineuse, toujours plébiscitée

Aujourd’hui, la voie intraveineuse (IV) est la voie de prédilection d’administration des anticorps monoclonaux. C’est le cas pour la plupart des produits biologiques, et donc par conséquent pour les anticorps.

Aux côtés de la voie IV, la place sera donnée aux autres voies d’administration. Actuellement, il existe par exemple des développements qui portent sur la voie sous-cutanée. Mais elle entraîne aussi des contraintes, comme celle de réussir à réduire les volumes pour l’injection. En effet, l’administration d’anticorps monoclonaux requiert des posologies importantes, de l’ordre de plusieurs centaines de mg. La production de formes hautement concentrées – environ 200 mg /ml – représente un enjeu technologique de taille.

Un challenge consiste aussi à envisager dans le futur des formes à libération prolongée. Des durées d’action de plusieurs semaines avec l’idée d’aboutir à une injection par mois ou par trimestre.

-Voies pulmonaire et orale, vectrices de challenges

Aujourd’hui, il existe un attrait certain de l’industrie pharmaceutique pour cette voie d’administration parce que les poumons ne sont pas faciles d’accès par voie intraveineuse et que cette voie non invasive présente de l’intérêt dans le traitement des pathologies respiratoires. Or l’aérosolisation provoque des stress physiques qui peuvent entraîner notamment l’agrégation des anticorps. Il est important de tenir compte des particules d’aérosol générées pour un dépôt pulmonaire optimal.

La problématique du maintien de l’intégrité des anticorps est omniprésente. D’une façon générale, il faut permettre un maintien de la concentration de la protéine assez longtemps pour que la relation anticorps-cible se poursuive dans la durée. Les anticorps ne sont pas des molécules inertes, ils peuvent interagir avec le matériel.

-Voie orale

Quant à l’administration d’anticorps par voie orale, elle est également envisagée et fait l’objet d’études. Elle constitue une véritable avancée à long terme avec son lot de questions technologiques à la clef, comme celle du passage de la barrière mucosale par exemple.

Les anticorps monoclonaux diffusent dans tout l’organisme mais ne passent pas la barrière hémato-encéphalique.

GROSSESSE & ALLAITEMENT

Les études réalisées chez l’animal ont mis en évidence une toxicité conduisant à des malformations fœtales justifiant de contre-indiquer les anticorps monoclonaux au cours de la grossesse et chez les femmes en âge de procréer.
Ainsi, chez ces dernières, une méthode de contraception efficace devra être proposée pendant le traitement et les mois qui suivent son arrêt.
Cependant, en cas de nécessité absolue, un traitement pourra être initié après évaluation très fine des bénéfices attendus pour la mère et des risques éventuels pour le fœtus.

CHEZ L’HOMME

Si le traitement est prescrit à un homme, une congélation du sperme pourra être proposée avant son instauration. Le cas échéant, une contraception efficace devra être envisagée.

LES INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Elles sont rares et peu nombreuses.
Cependant, il convient de ne pas associer de molécules anti-angiogéniques entre elles. Ds cas d’hypertension (avec poussées hypertensives), une atteinte rénale associée à une hyper-créatininémie ainsi que des symptômes neurologiques ont été observés chez certains patients.

La CSPS

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