Une pilule pour ne plus avoir ses règles… dangereux?

Aucun commentaire sur Une pilule pour ne plus avoir ses règles… dangereux?

De nos jours, on compte de plus en plus de femmes qui prennent leurs contraceptifs oraux en continu, sans journées d’arrêt ou pilules placebo. Cette habitude a comme effet principal d’empêcher les menstruations de survenir. On doit l’admettre, il s’agit là d’un avantage important.

Malgré cela, certains s’inquiètent. Cette pratique fait l’objet de maintes rumeurs et légendes urbaines. On dit qu’elle nuirait à la fertilité ou occasionnerait des règles anormalement abondantes une fois revenues à la normale. Certains prétendent même que le fait de prendre la pilule en continu augmente le risque de contracter certaines maladies graves. Mais qu’en est-il vraiment?

Le mécanisme de la pilule

Typiquement, les pilules sont conçues pour « imiter » un cycle menstruel de 28 jours, ce qui correspond au cycle normal moyen d’une femme. Pendant 21 jours, on prend normalement les pilules contenant des hormones. Celles-ci empêchent l’ovulation et préviennent donc la fécondation, avec un succès de 99,9% en général, si la pilule est prise correctement. Au bout de 21 jours, la femme ne prend pas de pilule pendant 7 jours ou encore elle prend une pilule de sucre (placebo) pendant la même période de temps.

Pendant cette période où elle ne prend pas d’hormones, la femme aura des saignements vaginaux qui ressemblent aux menstruations. Or, ce ne sont pas de véritables menstruations, puisque la femme qui utilise la pilule n’ovule pas. Il s’agit plutôt d’un saignement de retrait, attribuable à l’arrêt de la consommation d’hormones. Vous aurez compris que, contrairement à ce que beaucoup de femmes croient, on n’a pas de règles lorsqu’on prend la pilule!

Pourquoi ces placebos?

Puisque les menstruations ne sont pas réellement, pourquoi avoir suggéré d’arrêter la pilule 7 jours par cycle?      Vous serez peut-être surprise d’apprendre que les raisons sont surtout d’ordre moral.

Premièrement, dès le départ, l’église était loin d’être en faveur de ce moyen de contraception qui donnait beaucoup de pouvoir aux femmes. L’arrêt total des menstruations aurait contribué à rendre la pilule encore plus diabolique aux yeux des ecclésiastiques, qui avaient jadis beaucoup de pouvoir! Les 7 jours d’arrêt constituaient donc une sorte de compromis.

Également, pour les premières utilisatrices de la pilule, ces menstruations factices étaient rassurantes et leur donnaient l’impression que tout se passait normalement et qu’elles pourraient retrouver leur fertilité aisément en cessant d’utiliser le moyen de contraception.

Des raisons médicales

Il y a toutefois des raisons d’ordre médical qui justifient un arrêt de 7 jours de la prise des contraceptifs oraux pour certaines femmes.L’arrêt de la pilule et le saignement de retrait permettront éventuellement de diagnostiquer une grossesse. En effet, l’efficacité de la pilule est bien moindre lorsqu’on la prend à des heures irrégulières ou qu’on en oublie une à l’occasion.

Également, le saignement de retrait ou son absence indiqueront parfois la présence d’un trouble de santé, de la même manière que les menstruations le font. L’absence de saignement (aménorrhée) peut être symptôme de trouble alimentaire ou de maladie endocrinienne, par exemple. Également, des pertes abondantes, peuvent sonner l’alarme et permettre de diagnostiquer différents problèmes.

Les avantages de prendre la pilule en continu

Pour la plupart des femmes en santé, il n’y a donc pas de contre-indications majeures à prendre la pilule en continu et à ne faire une pause que quelques fois par année. Une nouvelle pilule, disponible depuis quelques années au Canada, propose d’ailleurs des cycles de 91 jours, ce qui permet à la femme de n’expérimenter que quatre périodes de menstruations factices par année. La pilule en continu présente de nombreux avantages.

La contraception est plus efficace, car si on oublie une pilule après plusieurs semaines en continu, on risque d’expérimenter un saignement de retrait, mais beaucoup moins de tomber enceinte.
-Les effets indésirables (crampes, SPM, migraines, etc.) qui accompagnent les menstruations et les saignements pour plusieurs femmes disparaissent. Bien sûr, le simple fait de prendre la pilule permet déjà de diminuer ces effets.
-La période d’arrêt de la pilule entraîne souvent des effets indésirables comme des migraines, en raison de la fluctuation du taux d’hormones. Lorsqu’on prend la pilule en continu, le taux d’hormones reste stable et les effets indésirables sont évités.
-Les femmes en ménopause ou en pré-ménopause se voient souvent prescrire une pilule en continu pour soulager leurs symptômes.
-Les règles et les troubles qui accompagnent les règles limitent souvent les activités des femmes. Elles sont même une cause d’absentéisme professionnel! En échappant aux menstruations, plusieurs femmes retrouvent une meilleure qualité de vie.
La femme a le contrôle sur son cycle menstruel et peut ainsi éviter d’avoir ses règles dans les périodes où c’est particulièrement dérangeant : les vacances, les voyages, les compétitions sportives, etc.
On voit qu’il y a donc de nombreux avantages à prendre la pilule contraceptive en continu… Ce n’est pas pour rien que plusieurs croient que c’est trop beau pour être vrai!

Effets secondaires?

Certaines se demandent si le fait de prendre la pilule en continu occasionne des effets indésirables.

En fait, bien que certains montrent du doigt la quantité sensiblement plus importante d’hormones qui entre alors dans le corps, aucune recherche n’a démontré que le fait de prendre la pilule en continu occasionnait plus d’effets secondaires que pour les femmes qui arrêtent 7 jours par cycles. Les risques de complications n’apparaissent pas non plus comme étant augmentés. Les études à ce sujet sont toutefois rares jusqu’à présent.

Quoi qu’il en soit, avant de changer votre façon d’utiliser votre moyen de contraception sur une période prolongée, il est préférable d’en parler à votre médecin. Même si les opinions des spécialistes sont encore partagées et parfois teintées d’idéologie, il demeure que c’est un professionnel de la santé qui saura le mieux vous conseiller.