Migraines ophtalmiques, Traitements et nouveautés

Migraine ophtalmique
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Définition

Troubles visuels type flashs, points lumineux, vision déformée. Des manifestations que subissent 20 % des personnes migraineuses en amont de la phase de céphalée. On parlera alors de migraines avec aura ou migraines ophtalmiques. S’ajoutent parfois des troubles sensitifs (engourdissements d’une main ou d’un bras) ou moteurs comme l’altération du langage (difficulté d’élocution), la paralysie.

Au moins deux des symptômes suivants doivent être présents
Douleur localisée d’un côté de la tête
Céphalée lancinante ou pulsatile
Douleur modérée ou sévère
Douleur exagérée par l’effort ou les activités habituelles

Au moins un des symptômes suivants doit s’ajouter
Nausée
Vomissement
Intolérance à la lumière ou au bruit

Des facteurs déclenchants multiples sont connus. Souvent faciles à identifier, ils sont pour plusieurs d’entre eux difficiles à relier à la crise migraineuse. Ces facteurs sont très divers selon les patients. Ils peuvent être alimentaires, hormonaux, climatiques, médicamenteux, liés au stress ou à une stimulation sensorielle visuelle, auditive ou olfactive. De façon générale, les abus, le surmenage, l’hyperactivité, les horaires irréguliers aggravent ou précipitent la migraine.

La migraine ophtalmique touche environ 10 % des migraineux. Les signes prodromiques (ensemble des symptômes qui précèdent la migraine) sont visuels.

Migraine ophtalmique : un traitement adapté associant anti-inflammatoire et triptans

 » Un anti-inflammatoire dès les manifestations visuelles et un triptan dès le déclenchement de la céphalée ». Les triptans agissent directement sur le phénomène de dilatation des vaisseaux. Ils sont disponibles sur ordonnance. Ce traitement d’urgence pour soulager la douleur s’accompagne d’un traitement de fond pour agir sur la maladie. Le plus courant repose sur les bêtabloquants, la famille des antiépileptiques ( pizotifène, flunarizine, valproate de sodium, indoramine, gabapentine, topiramate) et des antidépresseurs ( amitryptiline). Il est parfois nécessaire d’en essayer plusieurs avant d’en trouver un qui soit efficace. La plupart des malades sont soulagés et stabilisés par l’association de ces deux traitements. Mais d’autres, malheureusement, ceux qui ont notamment des symptômes évolutifs, n’ont pas, aujourd’hui encore, de réponse concrète pour traiter leurs crises.

Un triptan peut en cacher un autre

Au sumatriptan ( IMIGRAN), premier triptan mis sur le marché en 1994, se sont ajoutés, successivement, le zolmitriptan ( ZOMIG), le naratriptan, l’ élétriptan ( RELPAX) et l’ almotriptan . Les laboratoires qui les commercialisent mettent chacun en avant leur spécificité dans leur rapidité d’action ou la durée de leurs effets.

Il est plus important de savoir que les réponses varient d’une personne à l’autre et qu’un migraineux peut très bien voir ses crises résister à l’une d’entre elles, mais être soulagées par une autre. En cas d’échec de l’une de ces spécialités, il est donc important d’en essayer une autre.

De nouveaux traitements :
-Les diptans, aujourd’hui en phase 3 des essais cliniques, sont attendus . Ils agiront sur les neurones, au niveau du récepteur de la sérotonine 5-HT1F et non plus sur le vaisseau (et la vasoconstriction), ce qui devrait limiter les effets indésirables.

Peu de migraineux consultent un neurologue, regrettent les spécialistes, car beaucoup n’ont pas conscience de leur maladie. Le risque ? L’accoutumance aux médicaments par escalade de l’ automédication avec, pour conséquences, des effets secondaires parfois graves ( crise cardiaque, anévrisme). Certains malades doivent même être hospitalisés pour sevrage. On sait d’ailleurs aujourd’hui que trop d’ antalgiques peuvent augmenter paradoxalement la fréquence des crises.