Voilà comment des traitements « bidon » deviennent efficaces

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Il n’est pas difficile de mettre en place des expériences qui sembleraient « prouver » que des traitements bidons marchent. Les journalistes de la santé, en particulier, sont régulièrement pris par de telles études sans valeur, et les résultats trompeurs qui sont ensuite rapportés dans la presse, qui perpétuent la croyance du public dans ces traitements.

Voici 2 exemples à partir du monde des thérapies « alternatives ».

Expérience bidon n°1 :
La plupart des études cliniques testent si un traitement est meilleur qu’un autre. Ces études s’appellent les « études de supériorité ». D’autres études visent à tester si une thérapie est aussi efficace qu’une autre. Elles sont appelées les « études d’équivalence ».

Le premier exemple sera une étude d’équivalence qui compare un remède homéopathique hautement dilué avec un médicament accepté et bien connu, disons du paracétamol. Prenez deux cents patients avec une entorse à la cheville, et répartissez-les au hasard pour prendre soit de l’arnica homéopathique (le traitement expérimental) ou du paracétamol (le traitement contrôle).

Un ou deux jours plus tard, mesurez le gonflement de la cheville blessée comme mesure de résultat indéniablement objective. Les résultats montreront que le gonflement a diminué dans les deux groupes, et qu’aucune différence entre les deux groupes n’apparait. La conclusion, par conséquent, qui sera tirée est que les deux sont également efficaces; cependant l’homéopathie (qui ne possède aucun ingrédient actif réel) cause moins d’effets secondaires. Les gros titres de l’article dans les journaux pourraient alors être : « L’homéopathie meilleure que le paracétamol ».

Le truc ici est de sélectionner une mesure du résultat qui ne soit pas affectée par le médicament « accepté et bien connu ». Le paracétamol ne réduit pas les gonflements, et peu de gens déclareraient autre chose. Ainsi, il agit comme placébo. Le fait de comparer deux placébos différents devrait toujours résulter en une équivalence. Pourtant l’illusion peut être presque convaincante.

Expérience bidon n°2 :
La seconde étude fictive est aussi une étude d’équivalence. Elle compare les soins homéopathiques contre la médecine conventionnelle pour une condition chronique sérieuse, disons la maladie de Crohn. Vingt patients sont répartis aléatoirement pour être traités avec l’une ou l’autre approche. Les résultats démontrent que le point final soigneusement choisi (par exemple, une marque de symptôme) ne révèle aucune différence entre les groupes. La conclusion sera : l’homéopathie est aussi efficace qu’un traitement standard contre la maladie de Crohn. Les gros titres des journaux risquent fort d’être : « Une preuve scientifique de l’efficacité de l’homéopathie contre les maladies dangereuses. »

L’astuce ici est de dramatiquement réduire la puissance de l’étude. Des études d’équivalence trop faibles tendront à (faussement) suggérer une équivalence entre les deux approches testées, un pari plus sûr pour les illusionnistes.

Conclusion :
Les expériences bidon ne sont pas difficiles à monter, et il n’est pas trop compliqué de duper des gens sans esprit critique avec de tels résultats. Mais cela reste des trucs d’illusionnistes qui visent à nous tromper. Il s’ensuit que, si nous n’arrivons pas à appliquer nos capacités d’évaluation critique ou, pire encore, si nous n’avons jamais exercé ces aptitudes, les illusionnistes qui prétendent être des scientifiques peuvent devenir une menace.