C’est pas de ma faute si je suis gros…!

Devenir obèse
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Le corps humain n’a pas été conçu pour recevoir de grandes quantités quotidiennes de sucre.
Notre cerveau ne peut survivre que dans une fourchette réduite de glycémie: trop ou trop peu de sucre entraîne obligatoirement le coma et la mort, ce que n’importe quel diabétique vous confirmera.
Cette fourchette équivaut à une urgence biologique, et le taux de glycémie ne peut être trop bas ou trop haut. Admettons, donc, que vous mangiez une grosse quantité de gruau d’avoine pour le petit-déjeuner. Ce n’est pas ce que mange un chasseur-cueilleur, mais un agriculturaliste.


Eh bien le résultat, c’est que toutes ces graines d’avoine sont décomposées, dans votre estomac, en sucres simples. Cette masse de sucre envahit ensuite votre flux sanguin. Ce surplus de sucre représente une urgence pour votre organisme, qui envoie de l’insuline, un véhicule capable de capturer toutes sortes de choses dans le sang et de les stocker dans les cellules.
Donc ce qui se passe, c’est que l’insuline attrape et stocke, sans relâche, afin d’éviter qu’on meure suite à l’excès de sucre. Le problème, c’est qu’il s’agit là d’une stratégie d’urgence, qui n’est pas censée se répéter jour après jour.

Et si ce phénomène se répète suffisamment souvent, ce qui est le cas actuellement pour la plupart des Occidentaux, eh bien le résultat final est le diabète. Parce que pour remplir son rôle, l’insuline se lie aux récepteurs d’insuline situés sur les cellules, ce qui les use à la longue.
C’est comme d’utiliser constamment une clé dans la même serrure: au final, elle s’use. Les récepteurs d’insuline s’épuisent donc, et la quantité d’insuline nécessaire augmente, car l’insuline a besoin de plus de temps pour faire son travail et le corps ne réagit plus aussi rapidement.
Donc on a maintenant une production encore accrue d’insuline chaque fois qu’on mange du sucre, qui épuise encore davantage les récepteurs, et le processus ne cesse de s’accélérer. Le résultat final, c’est qu’on devient diabétique. Avant,  on appelait le diabète de type 2 le «diabète des adultes», mais cette appellation est tombée en désuétude, car il y a maintenant énormément d’enfants qui en sont affectés. Et cela est arrivé parce que tout le monde s’est laissé convaincre d’arrêter de manger un vrai petit-déjeuner, par exemple des œufs et du khli3.

Obésité au Maroc
C’était le petit-déjeuner classique, plein de protéines et de graisse, qui permettait au cerveau de bien fonctionner et aux enfants d’apprendre. Et à la place, les enfants mangent du lait écrémé et des céréales sucrées, qui ne contiennent strictement rien d’autre que du sucre – avec éventuellement du jus d’orange, c’est-à-dire encore du sucre. La conséquence, c’est que les récepteurs d’insuline de ces enfants sont hors d’usage avant même qu’ils atteignent l’âge de 10 ans, ce qui est absolument tragique.

Obésité diabète
Cela cause aussi les épidémies d’obésité que nous connaissons aux États-Unis. Ce qui se passe, c’est que toutes ces réserves d’énergie sont stockées à l’intérieur, et puisque les récepteurs sont abîmés, on ne peut les récupérer. En présence d’insuline, les cellules graisseuses ne libèrent pas d’énergie, mais ne font qu’en accepter davantage. Donc ces personnes se font horriblement insulter – ce n’est pas drôle d’être gros dans notre monde – et traiter de paresseux ou de gros mangeurs, alors que là n’est pas le problème.

Le problème, c’est qu’ils ont suffisamment d’énergie, mais qu’ils ne peuvent y accéder en raison de l’excès d’insuline. Et plus ils mangent ce qu’on leur dit de manger, plus ils sont fatigués, plus ils grossissent et moins ils ont d’énergie. Et on les accuse encore davantage, comme si cela représentait un échec moral. Mais ce n’est pas vrai, c’est un échec politico-social qui nous recommande ce type d’alimentation.