Pharmaciens 3.0.9

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Pancréas artificiel : il a beaucoup progressé ces cinq dernières années

C’est une innovation dans laquelle les diabétiques placent beaucoup d’espoirs : le pancréas artificiel était présenté mercredi 25 mars lors de la deuxième journée du Congrès annuel de la Société francophone du diabète. Son intérêt : il permet une automatisation de la détection de glycémie et de l’injection adaptée d’insuline. Diabeloop, une entreprise française fondée en 2015, présentait son projet (pas encore commercialisé) dans le cadre d’une table ronde : 13 paramètres, estimés toutes les 10 minutes, devraient permettre d’anticiper, grâce aux algorithmes, l’évolution de la glycémie, et donc d’injecter la quantité d’insuline nécessaire en conséquence. Une autonomisation qui permettrait d’améliorer grandement le bien-être des patients.

Le diabète de Type 1 est une maladie autoimmune chronique qui affecte 100 000 enfants au Maroc et peut toucher n’importe qui. Il attaque le pancréas et détruit les cellules qui secrètent l’insuline, hormone clé régulant le glucose. Beaucoup de cas se déclarent avant l’âge de 20 ans, et le patient aura donc à « gérer » sa maladie pendant toute sa vie d’adulte.

Une innovation française et américaine

Les diabètes de type 1 étant très variés en fonction des patients, Erik Hünekerk, co-fondateur de l’entreprise, précise qu’il faudra « une personnalisation et donc un télésuivi et un accompagnement initial du malade ». Une problématique dans la droite lignée du développement de la e-médecine. Diabeloop n’est cependant pas seul sur le marché : il devra affronter la concurrence des géants américains des technologies médicales Medtronic et Johnson & Johnson.

Diabeloop diabète type 1Une étude en vie réelle

Si la technologie du pancréas artificiel « a progressé de manière extraordinaires ces cinq dernières années » explique le Pr Eric Renard, chef du service d’endocrinologie au CHU de Montpellier (Hérault), le produit final est cependant encore loin d’être prêt. Ainsi, alors que Diabeloop promet une commercialisation de son produit en 2017, Eric Renard, un des meilleurs spécialistes du pancréas artificiel dans le monde, juge cette promesse « actuellement irréaliste en pratique ». Les algorithmes « sont malmenés par l’instabilité de la vraie vie » et les études n’ont pas encore pu montrer de résultats suffisamment fins. « Nous allons lancer une étude concernant 240 patients avec un pancréas artificiel pendant six mois ». Une première pour une durée aussi longue en vie réelle.

Rester pragmatique

La meilleure option pour les entreprises pourrait être de se focaliser dans un premier temps sur les hypoglycémies nocturnes, avec un pancréas artificiel qui ne serait mis en route que la nuit et manipulé comme une pompe le jour, exactement comme un pilote d’avion branche le pilote automatique en vol, mais le débranche à l’atterrissage et au décollage.

Une solution qui pourrait être très intéressante pour les enfants, particulièrement sensibles à cette affliction, et qui semble bien maîtrisée : certaines études ont montré 90 % de succès dans la maîtrise de la glycémie nocturne. Un succès qui retentit aussi sur l’équilibre glycémique dans la journée, ce qui représenterait les trois-quart du bénéfice possible pour certains experts.