Greenwashing : comment repérer un faux produit naturel ?

Greenwashing arnaque
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Les produits « green » sont partout. Packagings verts, mots clés comme « nature », « naturel », « écologie » et « pure »… Mais cela ne fait que cacher un produit synthétique qui n’a rien d’écolo ni de bio. Comment fait-on pour reconnaître un faux produit naturel ? Voici quelques pistes !

Tout d’abord, qu’est-ce que le greenwashing ?

• Pour faire simple, c’est le fait de déguiser un produit synthétique en produit naturel, ou bio. On lui met un beau costume tout vert, avec des images de feuilles et de fleurs, et on lui colle un beau champ lexical du « bio », avec des mots racoleurs comme naturel, écologique, pur, sans silicones… On fait des visuels publicitaires avec les champs, la forêt, la nature… Et voilà ! On obtient un beau produit à la mode, que le consommateur va penser naturel, et qui en réalité ne l’est pas.

Greenwashing elseve Comment repérer un faux produit naturel ?

Plusieurs indices ne trompent pas. Il faut juste bien regarder pour ne pas se faire avoir. Le greenwashing, c’est un peu comme transformer une canette de coca écrasée en oeuvre d’art : malgré tout, cela ne reste qu’une canette écrasée. Il faut donc regarder certains points. Le packagings, les faux labels, et bien sûr la composition.

••• Indice n°1 : le packaging.

Le packaging typique greenwashing, est vraiment « too much ». Beaucoup de vert, beaucoup d’images de plantes, de feuilles, des couleurs sobres et épurées, blanches et vertes, ou à l’inverse des couleurs vives mais toujours dans des tons rappelant la nature : du brun, du vert, ou encore du jaune-orangé rappelant la couleur des huiles. En voici quelques exemples :

Greenwashing exemples

Ces marques jouent sur le côté vert épuré. Un packaging plus simple, évoquant la simplicité, le sain, le blanc, la pureté. Les extraits « naturels » sont mis en avant, et les noms, évocateurs. « Pure », « Naturia », « Aloé Vera »… Or, ce n’est que de la surface, un simple argument de vente, car ces produits n’ont rien de naturel.

Par exemple, en voyant le packaging du masque Macadamia Natural Oil…

Greenwashing Macadamia

Un packaging vert et brun, avec des motifs de fleurs, évoquant la terre et la nature… Un masque qui semble naturel, à la noix de macadamia. Qu’en est-il de la composition ?

Masque « réparateur »
Macadamia natural oil

Ingrédients (INCI) : Aqua, Cetearyl Alcohol, Glycerin, Cetrimonium Chloride, Quaternium 80, Amodimethicone, Ricinus Communis (Castor Seed) Oil (Castor), Parfum (Fragrance), Algae (Seaweed) Extract, Tocopheryl Acetate (Vitamin E), Melaleuca Altemifolia (Tea Tree) Leaf Oil, Anthemis Nobilis (Roman Chamomile) Flower Oil, Aloe Vera (Aloe Barbadensis) Extract, Macadamia Ternifolia (Nut) Seed Oil, Argania Spinosa (Argan) Kernel Oil, Limonene, Butylphenyl Methylpropional, Hexylcinnamal, Linalool, Citronellol, C1115 Pareth 7, C12 16 Pareth 9, Trideceth 12, Trimethylsiloxyamodimethicone.
On ne se douterait pas qu’il contiendrait aussi peu d’huile de noix de macadamia ! L’ingrédient souligné, c’est la fameuse noix de macadamia. En dehors de cela, on trouve dans ce masque d’autres huiles, mais surtout et avant tout, de l’eau, des alcools gras et des agents occlusifs : tensioactif cationique, quaternium-80 et silicones… Sachant que la glycérine se dose à maximum 30%, et les silicones à maximum 5 à 10%, je vous laisse deviner qu’il y a un très faible pourcentage d’huiles végétales dans ce masque… Il n’est pas naturel ! Pourtant, le packaging est extrêmement trompeur. Mais trop de vert tue le vert…!

••• Indice n°2 : les faux labels.

Sur les faux produits naturels, certaines marques utilisent, pour parfaire le déguisement, de « faux » labels, imitant les vrais logos de la cosmétique bio ou naturelle. De ce fait, si on regarde rapidement sans faire attention, le logo étant très petit, on peut le confondre facilement avec un vrai label bio. Il y a également les appellations qui ne correspondent à rien, comme 95% d’origine naturelle, ou encore « sans silicones » ou « sans parabens », destinés à rassurer le consommateur.

Voici quelques « faux labels » :

Faux label greenwashing
Par exemple, la marque Beliflor, pourtant vendue en magasin bio, utilise ce genre de procédé. Un petit logo rond, dans lequel il est écrit « Garanti sans parabens », qui a le même genre de forme, de style et de couleur que le logo Cosmébio. Un faux label, ou un label non officiel, est souvent le signe d’un produit purement greenwashing.
Les vrais labels : cosmébio, one voice, nature & progres, vegan, natrue, cosmétique eco, ecocert, usda organic…
Si vous souhaitez un produit labellisé bio, vegan, ou non testé sur les animaux, vous avez ci-dessus les vrais labels, ceux auxquels il faut faire confiance !

Vraie label cosmétiques
••• Indice n°3 : la composition.

Quand on ne sait pas forcément déchiffrer toute la compo, on ne peut pas se rendre compte que malgré tout, rien ne garantit jamais un produit parfaitement naturel (sauf le label nature et progrès) si on ne lit pas la composition. Certains produits n’ont pas de label mais sont vraiment très naturels, les produits Evolve, Living Nature, Hairborist, et bien d’autres en font partie… Et d’autres, paraissent naturels mais ne le sont absolument pas. Furterer, Leonor Greyl, Corine de Farme, Garnier, Timotei, pour ne citer qu’eux…

Voici donc la liste des composants qui ne doivent pas se trouver dans un vrai produit naturel.

Cosmétiques bio

• Des silicones (polluants, occlusifs): dimethicone, amodimethicone, dimethiconol, cyclopenthasiloxane, cyclohexasiloxane, et tout ce qui finit par -icone ou -siloxane.
• Des huiles minérales (polluantes, occlusives, toxiques): paraffin, petroleum wax, mineral oil, crystalline wax, paraffium liquidum, petroleum, petrolatum…
• Des quats (similaires aux silicones) : behentrimonium chloride, behentrimonium methosulfate, cetrimonium chloride, guar hydroxypropyl trimonium chloride, et tout ce qui finit par -monium chloride et -methosulfate ainsi que -propyldimethylamine.
• Des conservateurs dangereux (toxiques, nocifs à la santé) : propylparaben, methylparaben, ethylparaben, et tout ce qui finit par -paraben mais aussi le methylisothiazolinone, methylchloroisothiazolinone, butylphenyl methylpropional, hexyl cinnamal,
• Des tensioactifs agressifs (irritants pour le cuir chevelu) : sodium lauryl sulfate, sodium laureth sulfate, ammonium lauryl sulfate, ammonium laureth sulfate…
• Des PEG et autres composés éthoxylés (nocifs, toxiques) : Ceteareth-12, Ceteareth-20, Laureth-10, Laureth-16, PEG 150 distearate, PEG-2 hydrogenated castor oil, PEG-32 stearate… Et tout ce qui contient le suffixe -eth suivi d’un nombre ou d’un chiffre, les PPG…

Voici une liste de labels cosmétiques bio

Il n’y a pas de secret : il faut faire attention et ne pas se laisser duper par la publicité, qui a le don de rendre les produits très attractifs alors qu’il s’agit de produits synthétiques, dont on voudrait se débarrasser. Vérifiez toujours la composition, et surtout, dénoncez le greenwashing !!!