Histoire des formes galéniques

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Galénique : l’adjectif vient de Galien, célèbre médecin grec né à Pergame, vers 131 avant notre ère. Il a donné son nom à la pharmacie galénique qui, dans son acception moderne, est l’art de préparer les médicaments, car Galien rappelle sans cesse son rôle de préparateur dans ses multiples ouvrages : De la composition des médicaments selon les lieux ; Six livres sur les médicaments simples, etc. Il tenait en effet une officine sur la voie sacrée romaine et composait les drogues pour ses illustres clients : les Empereurs Marc-Aurèle, Septime Sévère, Commode… Ceci lui valut ultérieurement sa réputation de « père de la Pharmacie ». Les formes galéniques sont donc le résultat de la préparation des médicaments pour les adapter au mieux aux circonstances de leur utilisation. Et les conditions peuvent en effet changer radicalement :
– avec la voie d’administration du médicament (voie orale, voie parentérale, voie topique, voie rectale, etc.)

– avec la quantité de produit à administrer

– avec l’âge du patient et sa capacité à accepter le traitement (goût, odeur…)

– le développement moderne des sciences pharmaceutiques a également conduit à imaginer des formes à libération prolongée, des formes émulsifiées complexes, des vecteurs médicamenteux tels que les nanosphères, liposomes, nanoparticules…, des présentations en contenants verre ou plastique, etc.

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On voit donc que les adaptations nécessaires du médicament ont conduit à imaginer de très nombreuses formes galéniques au cours de l’histoire de la Pharmacie. Dès l’Antiquité, les formes pharmaceutiques des médicaments sont nombreuses. Les habitants de l’Inde connaissent les infusés, les décoctions, des macérations, les électuaires, les onguents, les collyres, les pilules, etc. Les Egyptiens emploient aussi les onguents, les cataplasmes, les pilules, les suppositoires. Les Gaulois comme les Romains préparent des collyres d’oculistes. Les Arabes, quant à eux, vont introduire des formes pharmaceutiques originales. Ils mettent à l’honneur le sucre, jusqu’alors peu employé. Ils réalisent les sirops et robs, les oxymels et les loochs, les pilules et certaines formes de tablettes qui se placent sous la langue. Puis viennent les confections ou électuaires qui comprennent les thériaques, les hiera (purgatifs amers), les gargarismes et les rince-bouches, les cataplasmes, les épithèmes, les pessaires qui remplissent le rôle de nos modernes ovules, etc. Ils imaginent aussi les halàoua, véritables nougats médicamenteux C’est Avicenne qui imagine le premier de dorer et argenter les pilules car il croyait aux vertus des métaux précieux.

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Les apothicaires et les pharmaciens vont ensuite s’inspirer de toute cette tradition sur les formes galéniques et l’enrichir encore. Au XIXéme siècle, la Pharmacie est à un tournant de son histoire. La découverte des alcaloïdes, le développement de la chimie, l’attention portée au patient, la conception même de la thérapeutique vont conduire à proposer des formes de médicaments plus adaptées.

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