La pénurie des ressources humaines, principal défi du système de la santé publique

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le ministère de la Santé vient d’effectuer une évaluation des huit fonctions qui composent la santé publique dans le Royaume.

Le Maroc veut prendre à bras le corps la réforme de son système de santé. En effet, un projet de loi en cours d’élaboration déclinera cette réforme prévue dans le cadre de la stratégie sectorielle 2012-2016. En attendant, le ministère de la Santé a procédé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé à l’évaluation des huit fonctions essentielles qui composent la santé publique. Cette radioscopie réalisée en 2015 et dont les principales conclusions ont été présentées hier à Rabat met à nu un certain nombre d’insuffisances à combler tout en mettant en évidence les atouts à consolider.

Face aux menaces – biologiques, chimiques, nucléaires ou radiologiques – qui pèsent sur le système de santé, le Maroc est appelé plus que jamais à renforcer ses capacités nationales de veille et de riposte. Un objectif qui passe forcément par l’amélioration des «fonctions essentielles» de la santé publique. Partant de là, le ministère de la Santé vient d’effectuer une évaluation des huit fonctions qui composent la santé publique dans le Royaume. Objectif : identifier les forces et les faiblesses du système afin de concevoir, à partir des résultats, des interventions permettant de maintenir les bonnes pratiques et combler les lacunes.

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Réalisée par une équipe d’experts marocains ainsi que par une mission composée d’experts mondiaux en santé publique, cette radioscopie effectuée en 2015, et rendue publique hier à Rabat, représente la deuxième étude du genre effectuée par un pays de la région de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la Méditerranée orientale après les Émirats arabes unis. L’étude, qui met en relief un certain nombre de progrès réalisés, révèle par ailleurs un certain nombre de défis que le Maroc se doit de relever pour améliorer la qualité des services de santé. Le principal défi reste, incontestablement, la pénurie des ressources humaines et leur mauvaise répartition géographique. L’étude pointe du doigt, en outre, une faible motivation du personnel dans les zones reculées et une généralisation de la double pratique qui contribue à réduire la performance.
D’autres insuffisances sont par ailleurs soulignées. L’évaluation des fonctions essentielles montre que les dépenses de santé consacrées aux soins préventifs et à la promotion de toutes les maladies restent limitées. Les systèmes d’information se caractérisent quant à eux par une fragmentation et par la prédominance des programmes verticaux. En outre, l’approche de santé publique se caractérise par l’absence de coordination intersectorielle, ce qui appelle à l’intégration du principe de la santé dans toutes les politiques. L’étude critique aussi la stratégie de communication globale qui se caractérise, selon le document, par l’absence d’une démarche cohérente et aux objectifs conformes aux priorités sanitaires nationales. Une situation aggravée par l’absence d’un institut national de santé publique, une structure censée apporter un soutien institutionnel au ministère de la Santé, notamment en matière de veille de laboratoire.

Mais si l’évaluation des services de santé publique dévoile au grand jour les lacunes du système de santé marocain, elle met également en évidence un certain nombre d’opportunités que les responsables du secteur sont appelés à saisir. Ainsi, au Maroc il existe un engagement ferme, au haut niveau, pour promouvoir la santé et réformer son système. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’un projet de loi est en cours de préparation. Le texte, qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie sectorielle 2012-2016, permettra, comme le souligne le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi, au Royaume de réunir les conditions institutionnelles nécessaires pour renforcer l’ensemble des fonctions essentielles de santé publique, outre le renforcement de l’autonomie des acteurs nationaux et des autorités territoriales. Le Royaume se caractérise par ailleurs par sa stabilité, comparé aux autres pays de la région qui subissent plusieurs crises, et par la déclinaison de son système de santé publique dans l’ensemble des régions.

Des atouts considérables qu’il est, selon M. El Ouardi, important de consolider afin de faire face aux risques qui guettent le Royaume et qui ont trait notamment à sa situation géographique. En effet, situé à la jonction de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe, le Maroc demeure constamment exposé à des maladies infectieuses provenant des migrants cherchant à rejoindre l’Europe. L’expansion d’un secteur privé mal réglementé constitue aussi une véritable contrainte à laquelle le ministère reste confronté, d’où la nécessité d’établir de meilleurs partenariats.
source:E-MATIN